Yokainoshima, entre religion et tradition

Qu'est ce que c'est cette exposition ?

Confluence est un musée un peu particulier. En effet, il accueille des expositions temporaires pour faire voyager tout en restant à Lyon. C’est parfait pour nous ! 

Dans le cadre de la semaine Japon, je suis partie voir “Yokainishima, esprits du Japon”. Cette exposition nous montre l’omniprésence des divinités et des êtres surnaturels. Elle a été réalisée avec le photographe Charles Fréger et des pièces de collections du musée. Le nom de l’exposition est un nom inventé qu’on peut traduire par « l’île des monstres » faisant référence aux esprits surnaturels autour de nous.

Et dans l'exposition, qu'est-ce qu'on y trouve ?

Déjà, la première chose qui m’a surprise est le mélange des pièces de collection et des photos. Je m’attendais à ne voir que des photos et donc avoir une vision de la religion seulement de nos jours.

Les photos étaient réparties un peu partout dans la pièce. Elles montraient surtout les différentes tenues qu’utilisent les figures masquées (nom des pratiquants). Il y a beaucoup de tenues différentes dans différentes conditions. Ces tenues sont le quotidien des habitants et font référence à leurs rituels traditionnels qui rythment la vie des habitants et de la terre qu’ils foulent et travaillent. Personnellement, cette partie ne m’a pas tellement passionnée. Il y avait une légère description à chaque photo mais pas d’informations plus poussées. Mais ces informations ne sont pas à prendre à la légère pour ne pas juste se dire « une expo avec un monsieur habillé en paille ? Ouais, bof ».

Par contre, les pièces de musée m’ont beaucoup plus passionnée que les photos. On commence par différentes statues des Bouddhas à ne pas confondre avec Bouddha. Bouddha est Siddhartha Gautama qui était un roi et un grand sage qui commença une quête vers l’Eveil. Les bouddhas sont des personnes qui s’éveillent, qui deviennent sages. On retrouve Aizen Myô-ô (photo 1 ci-dessus) roi des passions. Vous le trouvez effrayant ? Et bien les apparences peuvent être trompeuses puisque c’est le dieu de l’amour ! Selon une légende, il représente l’état où l’amour passionné peut se transformer en amour pour tous les êtres humains !

Nous avons aussi Amida Nyorai (photo 2 ci-dessus) qui règne sur la « Terre pure Occidentale de la Béatitude » qu’il a lui-même créée. C’est un des Bouddhas les plus populaires et est appelé le bouddha des bouddhas.

Je pourrais vous parler pendant des heures des bouddhas restants mais je vais maintenant vous parler du gardien de l’exposition (photo 3 ci-dessus). En entrant, vous avez surement remarqué ce chien. C’est un Komainu, le gardien de l’entrée des sanctuaires shintoïstes et parfois bouddhistes. Il sert à éloigner les mauvais esprits. Normalement, il doit toujours en avoir deux presque identiques. Oui presque parce qu’un a normalement la gueule ouverte et fait la première lettre de l’alphabet et l’autre la gueule fermée et fait la dernière lettre. Cela signifie que toute chose a un début et une fin.

L’exposition nous donne aussi quelques aspects de la religion mais du côté des non divinités. On trouve fréquemment des exemples d’offrandes que font les Japonais. Par exemple, sur la photo au-dessus, on peut voir une décoration en forme de mochi, un gâteau à base de riz gluant. La religion là-bas étant centrée sur une pratique rituelle collective et individuelle, les Japonais font des offrandes souvent à plusieurs divinités et se rendent régulièrement au temple. Mais le contexte environnemental change les demandes même si le plus souvent, ce sont des demandes de prospérité et de protection.

Pour finir, je vais vous parler de ce que j’ai préféré : Daruma ! Lorsqu’on reçoit une de ces statues, on souhaite un voeu et peint un oeil à l’encre noir et on le met en hauteur pour ne plus y toucher avec d’autres objets de superstition. L’objet reste quand même en vue dans la maison ce qui rappelle le voeu et nous fait toujours réfléchir à trouver un moyen de le réaliser. Lorsque le voeu se réalise, on peut peindre le deuxième oeil. Cet objet m’a beaucoup marquée pour 2 raisons. La première est que lorsque je l’ai vu, une famille arrivait au même moment. Le garçon expliquait le principe à ses parents et le père a juste répondu « Mais c’est pas Pikachu ça? » ce qui m’a donné un fou rire de 5 minutes. La deuxième raison est un peu plus sentimentale puisque ça me rappelle ma grand-mère. Lorsqu’on cherche quelque chose ou qu’on souhaite quelque chose, ma grand-mère nous disait toujours «Il faut dire « Obtenez ! »  pour obtenir ce que l’on souhaite ». Depuis 24 ans, Obtenez ne m’a déçue que pour une chose : je ne suis toujours pas riche.

Comment je l’ai ressenti ?

L’exposition est très belle et présente énormément d’objets et avec l’ambiance musicale traditionnelle,  je me sentais vraiment ailleurs. On apprend vraiment énormément sur les traditions du Japon. Mais, lorsque j’en suis sortie, mon cerveau qui veut tout connaitre et moi nous posions énormément de questions et j’ai du faire pas mal de recherches ensuite pour comprendre certaines choses que j’ai vues. Mais l’exposition reste quand même à voir pour avoir une bonne grosse base sur cet aspect assez méconnu en Europe.