Jan 18, 2019

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par: colibri

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Catégories: Egypte

Servir les dieux d’Egypte, venez découvrir la ville de Thèbes !

Pour cette semaine Egyptienne, nous vous proposons de découvrir l’exposition “Servir les dieux d’Egypte”. Ici, nous ne parlerons pas de pharaons et de pyramides mais plutôt de divines adoratrices, de prêtres et de chanteuses.

Le musée de Grenoble est réputé pour avoir la troisième plus grande collection égyptienne de France en région. Cette collection, qui a débuté en 1777 était donc le parfait point de départ pour cette exposition.

Je vous propose un petit rappel sur l’exposition avant de commencer à vous parler de mon expérience.

Focus sur l'exposition

Le musée de Grenoble vous propose de découvrir Thèbes pendant la troisième période intermédiaire (1069-664 av. J.-C.). Le but n’est pas de découvrir l’Egypte avec l’angle classique des pharaons mais plutôt celui d’un pouvoir en contrepoint composé du clergé, des prêtres et des femmes.

  • Du 25 Octobre à 2018 au 27 Janvier 2019.
  • 1500 mètres carrés d’exposition.
  • 270 oeuvres, prêtées en partie par le Louvre, le British Museum,  le Ägyptisches Museum de Berlin et le Kunsthistorisches Museum de Vienne.
  • 400 oeuvres au total avec la collection permanente.

Le contexte de l’exposition

 

Comme je vous le disais en introduction, cette exposition n’aborde pas les sujets classiques de l’Egypte Ancienne comme les pharaons, les pyramides et les guerres. Cette exposition nous emmène il y a 3000 ans pendant la période dites “intermédiaire”, c’est une période qui commence en -1069 et finie en -655AV J.C.

Pour bien appréhender l’exposition, il faut savoir que Thèbes était le foyer du culte d’Amon qui était le roi des dieux. Oui, vous avez bien lu “roi DES dieux”. La religion à l’époque de l’Egypte ancienne était polythéiste. C’est une croyance ou une philosophie selon laquelle on considère l’existence de plusieurs dieux. Il fallait par conséquent construire des complexe religieux comme le temple de Karnak qui était le plus grand d’Egypte. Au sein de ce temple, on retrouvait des chanteuses, des prêtres et des divines adoratrices, tout ceci est en fait un véritable pouvoir en contrepoint de celui des pharaons.

 

Rentrons dans le temple de Karnak

 

Parlons maintenant de l’exposition et de son organisation que j’ai trouvé absolument parfaite, permettant une immersion dans cette Egypte Ancienne.

Comme vous pouvez le voir avec la photo ci-dessus, le Louvre et le musée de Grenoble ont eu la volonté de vous transporter dès l’entrée et pendant toute la visite au coeur du temple de Karnak. Et je peux vous le dire, ça marche très bien. En sortant de l’exposition on s’attend à sortir d’un musée en Egypte et non pas à Grenoble.

N’étant pas familier de la culture Egyptienne et encore moins de l’Egypte ancienne, j’étais un peu inquiet du déroulement de l’exposition et de me retrouver un peu perdu. Heureusement cette exposition est divisée en quatre parties. La première permet de rappeler le contexte de Thèbes à l’époque. On en apprend plus sur les guerres intestines qui ont suivi la chute de Ramsès et la construction d’un pouvoir invisible au sein du temple de Karnak. J’ai pu aussi apprendre qu’une quantité importante des objets, qui ont permis d’en savoir plus sur ce temple et la ville de Thèbes, sont la propriété du musée de Grenoble. Dès le départ, j’ai été agréablement surpris de voir que les femmes avaient un rôle très important dans cette société de Thèbes. Cette dimension est bien plus développée dans la suite de l’exposition.

La deuxième partie permet d’en apprendre plus sur les mobiliers funéraires et les chanteuses d’Amon, la troisième sera axée plus sur les prêtres et la dernière est entièrement consacrée aux femmes et leur rôle dans le temple de Karnak.

Dès la première partie de l’exposition, de grandes photos de la ville comme celle-ci permet d’augmenter la sensation d’immersion.

 

Les différents titres dans le temple

 

On retrouve plusieurs titres dans le temple de Karnak : les prêtres, les adoratrices divines et les chanteuses. Je vais vous expliquer chacun de ses titres et leurs rôles au sein du temple :

  • Les prêtres, n’étaient pas simplement chargés du culte mais aussi, souvent, fonctionnaires de l’administration royale ou militaire. Le premier prophète d’Amon jouait par exemple aussi le rôle de vice-roi et un des prêtres du temple a été couronné pharaon.
  • Les adoratrices divines sont “les épouses de dieu”. Elles sont vierges et gèrent un harem de prêtresses. Une phrase m’a marqué ” les adoratrices de dieu sont les responsables de l’équilibre du monde”, c’est dire l’importance qu’elles avaient. Elles prenaient part aux décisions de la cité.
  • Les chanteuses font parties des musiciennes divines, ce sont encore une fois des jeunes filles vierges qui sont données en “dot” par les hauts dignitaires égyptiens. Dans l’histoire du temple, certaines chanteuses étaient des filles de pharaons.

Tous ces rangs étaient très importants et offraient des postes à responsabilités dans le système politique Egyptien de l’époque. Cela renforce l’idée que le temple de Karnak est devenu au fur et à mesure, un élément extrêmement important de l’Egypte dans son ensemble.

 

La place de la femme dans la société

 

C’est la question que je me suis posé très vite, pour moi l’Egypte ancienne tournait autour des pharaons et la société égyptienne actuelle autour d’un modèle très patriarcale. J’ai donc axé ma visite sur la découverte de la place de la femme, et son importance au sein de l’organisation politique. C’est d’ailleurs un parti pris et un fil rouge de l’ensemble de l’exposition. Pour exprimer l’importance de la femme, la dernière et la plus grande salle de l’exposition est consacrée au rôle de la femme. Deux des pièces de cette salle sont mes coups de coeur de l’exposition. La première est une statue de Sekhmet qui est la déesse lionne “fille de rê”. Son rôle était de punir et de maudire les ennemis du soleil et plus largement, ceux qui sont contre la royauté.

La seconde est une statue d’Isis allaitant Horus, par ailleurs femme d’Osiris. Son culte était très populaire sur tout le territoire Egyptien et ses représentations en tant que mère faisait d’elle la déesse mère de tous les pharaons. Elle est donc au dessus des pharaons, qui sont l’entité la plus haute sur terre pour les Egyptiens. Vous pouvez la voir ci dessous :

 

En conclusion

 

Comme vous avez pu le comprendre, j’ai emporté avec moi deux choses de cette exposition. La première étant l’existence d’un pouvoir parallèle à celui des pharaons dans le temple de Karnak. Ce pouvoir ayant pris réellement de l’importance pendant les conflits qui ont fragilisés le pouvoir en place. Entraînant l’avénement de plusieurs groupes disséminés en Egypte qui ont revendiqué un pouvoir politique.

Deuxièmement et c’est le point dont je parle le plus, c’est la place de la femme dans l’Egypte antique. Entre chanteuses et adoratrices, ces femmes avaient un pouvoir énorme autant politique que “mythique” avec les déesses qui faisaient partie de leurs croyances. Je dois vous avouer que pendant ma visite, j’ai envoyé un sms à une amie en disant “les adoratrices étaient les gardiennes de la stabilité du monde, plus de 2000 ans plus tard, on a des leçons à apprendre de ces civilisations”, cette phrase résume ce que cette exposition à produit chez moi. N’oubliez pas d’aller jeter un coup d’oeil à notre recette typique d’Egypte !