Le restaurant “La Corée”, la Corée du sud à portée de métro.

La cuisine coréenne c'est quoi ?

La cuisine coréenne est encore méconnue, cela s’explique par la rayonnement culinaire international de ses pays voisins comme le Japon, la Chine et le Vietnam. Néanmoins elle mérite vraiment d’être connue ! Commençons par un petit point culture.

La cuisine coréenne s’inspire du “Eumyangohaeng” comme beaucoup de pays asiatiques . C’est une théorie traditionnelle qui se base sur le Yin-qi et le Yang-qi ainsi que sur les cinq éléments. Dans la croyance asiatique, le Yin-qi représente le ciel et le Yang-qi représente la terre. Ces deux qi ont ensuite crées les cinq éléments qui sont : le feu, la terre, le bois, le métal et l’eau. Le but étant d’obtenir l’équilibre qui est recherché au sein du Yin et du Yang. Oui alors c’est bien beau, mais je vous parle de métal, de bois et de cuisine, le but n’est pas de manger des branches et de l’acier je vous rassure. Dans les faits, c’est plutôt une alliance de saveurs, un équilibre des couleurs qui est recherché à travers cette théorie adaptée à la cuisine.

Le plat qui illustre parfaitement cette théorie est le Bibimbap :

On retrouve, dans ce plat différentes couleurs qui s’équilibrent et qui rappellent les cinq éléments. Dans le goût et la consistance on retrouve à la fois de la force et de la douceur.

Le meilleur moyen pour nous de vous parler de cette cuisine était d’aller tester directement dans un restaurant.

Le restaurant "La Corée", Séoul au coeur de Lyon.

Pour tout vous avouer, je suis un habitué des restaurants asiatiques mais c’était mon premier restaurant coréen. La décoration du restaurant permet dès le début de se sentir dépaysé et l’absence de musique m’a tout de suite fait apprécié le cadre. Mais si vous savez, cette musique que l’on retrouve dans tous les restaurants asiatiques, elle peut aller jusqu’à gâcher votre expérience gustative tellement vous avez envie de quitter les lieux au plus vite.

Nous avons été très bien accueilli par la personne qui gère le restaurant, nous avions comme objectif de goûter à plusieurs plats pour avoir une vision la plus large possible de la cuisine coréenne. En entrée nous avons pris, un Tong-Dack et un Mandoo. Dans l’ordre, c’est des beignets de poulets frits pour le premier plat et des raviolis frits aux légumes pour le deuxième. Je dois dire que j’ai été surpris par mon plat, c’était très proche des nuggets. Ce constat, m’a fait réfléchir sur l’influence des États-unis sur la culture culinaire du pays. Si vous ne le saviez pas, les états-unis ont été l’allié principal de la Corée du sud, pendant la guerre de Corée (qui a séparé la Corée en deux, le sud et le nord) et depuis on peut dire que le pays a été co-reconstruit avec les Etats-unis. Encore aujourd’hui nous pouvons retrouver la présence américaine dans différentes strates de la culture coréenne. Si vous voulez voir comment la musique à été influencée par les américains, je vous propose de lire notre article sur le k-pop.

En plat principal, nous avons choisi de goûter un Japtché et un Jeyouk. J’avoue, j’ai choisi un plat sans piment car je connaissais d’avance la réputation de la cuisine asiatique concernant les plats relevés. Mon plat était donc plutôt classique avec des nouilles de patate douce sautées aux légumes et au boeuf. Il était très bon et se différenciait des plats chinois par la présence de trois accompagnements : les pousses de lotus plutôt sucrés, le kimchi qui est du chou fermenté dans du piment et pour finir, des haricots verts. Au début pour le kimchi, je trouvais ça très bon mais au bout de 5 secondes en bouche, le piment est arrivé tout d’un coup ! Ces trois accompagnements permettaient de changer le goût du plat et d’adapter l’équilibre des saveurs. Le Jeyouk était un plat pimenté à base du porc sauté et un bol de riz. Pour le coup, le plat était très pimenté et la présence des accompagnements ne pouvait pas y faire grand chose. Le riz nature permettait de soulager un peu la sensation de piment en bouche. Même notre pigeonne habituée au piment a eu due mal à manger et a dû faire des pauses pendant le repas.

Pour calmer nos papilles et goûter à un peu plus à la culture coréenne, nous avons choisi deux desserts. Alors, vous allez me détester mais j’ai fait dans le déjà-vu, j’ai opté pour deux boules de glace. Cependant, la deuxième “pigeonne voyageuse” a décidé de goûter les boules de glace à la patate douce après avoir hésité avec la glace citrouille-coco. Mais elle a fait le bon choix ! Ce dessert lui a rappelé un gâteau de la Réunion à la patate douce et elle fût très satisfaite de son dessert.

Qu'est ce qu'on en retient ?

La cuisine coréenne me fait penser à la cuisine argentine pour le continent sud américain. On retrouve les codes de la cuisine asiatique classique en plus d’une influence américaine qui intègre la culture du barbecue et des viandes. Concernant, les saveurs, j’ai retrouvé beaucoup plus de goûts que dans les autres plats que j’ai pu expérimenter dans les autres cuisines asiatiques. Le respect de l'”Eumyangohaeng” permet aux plats d’avoir un visuel particulièrement beau et un goût qui selon vos choix pourra choquer votre palais ou au contraire lui faire connaître une douceur rarement égalée.